mercredi, mai 31, 2006

Paris, le 31 mai 2006

Arrivé hier soir, fatigué, vidé plus exactement. Samedi et dimanche, à Ashgabat, en contre-coup peut-être de la conférence, j'ai eu droit à un épisode touristique, peu grave - je n'ai pas eu besoin d'utiliser les médicaments que Franck m'avait laissé - mais vidant tout de même. Vidé physiquement, donc, mais aussi intellectuellement... alors que la précédente mission m'avait rendu à Nice plein de désirs et d'excitations, rien de tel cette fois-ci, plutôt une sorte d'hébétude. Ce qui explique que je n'ai pas posté, pas même d'Istanbul. Si lundi matin, de retrouver Istanbul (le goût que j'ai de cette ville prend pour moi une dimension un peu énigmatique), m'avait réinjecté de l'enthousiasme la perspective que ce puisse être ma dernière visite m'a fait utiliser le peu de temps que j'y avais à la parcourir encore, et dans des endroits nouveaux, plutôt que de tirer parti de la liaison wifi dans ma chambre d'hôtel. Ce qui n'a fait qu'ajouter à ma fatigue physique déjà pas nulle.
Comme je n'ai pas ce genre d'urgence ici, je me propose, non de reconstituer un journal de voyage qui n'a pas été fait, mais d'égrener quelques instantanés à leur date de référence selon le principe hétérodoxe et contestable que j'ai édicté pour ce sous-blogue-ci. Les quelques curieux de mes pérégrinations surveilleront donc la partie inférieure de cette page où devrait s'intercaler de temps en temps un petit morceau (illustré) de mémoire.

samedi, mai 27, 2006

Ashgabat - finale

La conférence finale a eu lieu hier et s'est bien passée. Notre projet Tempus au Turkménistan est donc terminé, sauf quelques opérations administratives de bouclage. Il se remet à faire beau et très chaud pour la fin de semaine.
La préparation de la conférence (c'est-à-dire aussi la finition des différentes réalisations du projet) m'ont accaparé depuis mon arrivée ici jeudi dernier. Je n'ai pas utilisé la liaison internet pour poster. J'ai pris quelques photographies avec mon nouveau téléphone que je poste aujourd'hui sur Flickr.
Lundi, retour par Istanbul, incha Allah!

(Aïe, j'ai épuisé mon quota du mois sur Flickr - les photos devront attendre quelques jours - sauf une!)

jeudi, mai 25, 2006

Ash., jeudi 25 mai 2006

Veille de la conférence. C'est aussi un jour de fête: la fête des écoles. Dans toute la ville, des groupes d'écolier(e)s et de collégien(ne)s qui portent en bandoulière le nom de leur école.
Du coup les mères de famille ne sont pas disponibles pendant une partie de la journée. Nous préparons la conférence (minutage, répétitions...) dans une certaine nervosité. Je m'accroche avec le prorecteur qui refuse que nous modifions l'arrangement des tables dans la salle de lecture (et finalement ce ne sera pas plus mal). Je malmène aussi Murad pour le placement de l'écran et du vidéo-projecteur (là encore la solution assez contrainte trouvée se révèlera satisfaisante).

vendredi, mai 19, 2006

Ash., vendredi 19 mai 2006, 13:30

Omar et Franck sont arrivés cette nuit. Première visite ensemble à l'Université. La nouvelle salle destinée au centre de formation a été installée, cloison montée, murs repeints et meubles neufs. L'odeur fraîche de peinture nous fait nous dire que la veille n'a peut-être pas été fériée pour tout le monde.
Nous reprenons les vieilles habitudes en allant déjeuner vers 13:30 dans un café-restaurant en sous-sol non loin de l'université. Il y en a de ce type un peu partout dans le centre, le décor est mi-boîte, mi-café, les serveuses sont russes, la clientèle est jeune et le service est très lent.

jeudi, mai 18, 2006

Ash., jeudi 18 mai 2006, 15:30

Ce matin (cette nuit) dans la voiture qui m'amenait de l'aéroport, G. m'explique qu'il est inutile que j'aille aujourd'hui à l'Université: c'est fête nationale (fête de la Constitution) et l'Université est fermée. Faute d'Université, je passe dans l'après-midi au bureau Tempus.
Au passage je remarque que l'ancien théâtre, qu'en février dernier nous comparions au nouveau, est en voie de "bouyguisation". J'appelle ainsi le procédé qui consiste à recouvrir de grands carreaux de marbre les bâtiments anciens, de façon à leur donner une apparence compatible avec la nouvelle architecture ashgabadie. Depuis que j'ai découvert le procédé en février, je m'exerce, lorsque je traverse Ashgabat à pied, à repérer ceux des bâtiments qui ont été ainsi transformés.
Un examen attentif de la photographie permettra de découvrir un début de confirmation de la théorie que je développais à Omar et à Svetlana (lesquels m'écoutaient d'une oreille sceptique) selon laquelle la nouvelle architecture ashgabadie, dite "bouyguienne" bien que tous ses bâtiments ne soient pas le fait du constructeur français, affiche une préférence pour les formes classiques romaines aux dépends de l'orientalisme de l'architecture soviétique si typique de la capitale turkmène. En particulier la nouvelle architecture préfère à l'arc brisé l'arc de plein cintre (théorie d'ailleurs en partie réfutée, ou plus exactement relativisée par les grilles du nouveau théâtre). Il semble bien que la bouyguisation de l'ancien théâtre passe par la transformation de ses ogives en plein cintres (état en février).

mercredi, mai 17, 2006

Aéroport Atatürk, 19:30

Trois quart d'heures avant l'embarquement et après avoir soupé d'une délicieuse wiener Schnietzel (bien fine et la viande un peu rouge), j'essaie et je trouve que l'aéroport Atatürk dispose d'une liaison wifi gratuite. Ce qui me laisse le temps de poster une dernière fois tant que je suis dans ce paradis des "connecteurs"!

J'ai passé deux heures dans le lobby de l'hôtel sur ma machine, à transférer les photos du Sony et à poster les billets précédents. Et à surveiller d'un oeil le manège d'une jeune mère chatte encombrée de ses deux chatons sur une corniche de tuile. Le moment pathétique ça a été lorsqu'elle a rattrapé l'un des deux au moment où il glissait et après elle ne savait plus comment faire à le trimballer sur cette étroite corniche suspendu à sa machoire par la peau du cou tandis que l'autre passait et repassait où il pouvait. J'ai failli sortir pour l'aider et puis me suis rendu compte de la futilité de la chose. Un peu plus tard les miaulements ont recommencé de plus belle: l'un des deux chatons est effectivement tombé. Il n'a pas dû se faire grand mal mais ça miaulait à fendre l'âme des deux côtés, la mère en haut, le petit en bas, jusqu'à ce qu'un gros, du restaurant d'en-bas de la ruelle, monte sur une chaise et tende le chaton à sa mère qui l'a rattrapé par la peau du cou, non sans mal et non sans que le barbu ait à s'étendre sur la pointe des pieds pour monter assez haut le rescapé.

Dans le taxi (17:30): Il y a des murs qui semblent retournés à la colline, qui font des falaises percées de fenêtres ou de balcons qui n'ont plus rien d'humain.

Aéroport: il y a un guichet "bagajsiz" sans bagage - mais devant moi il y a une femme qui veut absolument faire enregistrer une valise énorme, sans doute en excès de poids, qui donne des numéros de téléphone, etc., puis, l'employée arrive à la renvoyer sur un guichet ou bureau ailleurs, c'est un Allemand qui fait enregistrer un bagage (normal). Lorsque vient mon tour, l'employée me demande si j'ai un bagage et je lui demande si ce n'est pas une guichet "sans bagage" et elle me répond avec un haussement d'épaule désolé-résigné et un geste vers le tapis où finit de glisser le bagage de l'Allemand. Je lui dis qu'elle n'aurait pas dû l'enregistrer.

Je me fais encore cirer les chaussures. C'est devenu une tradition pour moi. Dans la zone duty-free j'achète du shampoing et une boîte de chocolats pour Aina et je constate que le magasin Mavi est fermé. C'est une tuile: je comptais acheter une ou deux chemise type Lacoste mais avec pochette (précieuse pour les presbytes) qui m'aurai(en)t bien servi à Ashgabat. J'ai faim. Je décide d'aller souper même s'il n'est pas encore 7 heures, sans attendre le repas dans l'avion, en me disant que ça m'aidera peut-être à remonter mes horaires.

Bon, je ne me relis pas, je poste, je ferme la machine et j'embarque!

Mercredi 17, Sokollu Mehmet Pasha

Mercredi 17 mai - Rüstem Pasha, Sokollu Mehmet Pasha

Passé une assez mauvaise nuit, entre autres à cause du café que j'ai eu la faiblesse de boire dans l'avion et d'un demi torticolis. Le démarrage à 7 heures et demi a eté difficile mais ça s'est arrangé... Je suis descendu à Eminönû faire deux courses urgentes. J'en ai profité pour visiter la petite mosquée de Rüstem Pasha (Sinan), ce que je n'avais pas encore fait. Elle est charmante, perchée au-dessus d'un quartier de ruelles étroites encombrées d'échoppes (fourches, pelles, plantes, chaussures, vestes et pantalons...) à deux pas de la Corne d'Or. Pour trouver la mosquée de Rüstem Pasha, il faut la chercher: on n'y accède que par des escaliers et le portique devant sa façade est étroit comme une terrasse de maison. Très beaux carreaux d'Iznik. Avant de repartir, j'achète un petit livre: A Self-Guide to Iznik Tiles in Istanbul / Edda Renkler Weissenbacher. J'y apprends que Rüstem Pasha était Croate de naissance, gendre et premier ministre (grand vizir) de Soliman le Magnifique. "He was noted for cunning and intrigues. As he was a miser, his wealth became enormous, but subsequently it was confiscated by the state".
Je m'arrête au retour vers Sultan Ahmet au salon de coiffure où je m'étais fait couper les cheveux il y a deux ans (je crois bien qu'ils n'ont plus été coupé depuis!). Avant de partir, à l'hôtel, j'avais demandé à la réceptionniste comment dire "not too short", en turc, c'est "çok rısa değil". En fait il m'en enlève assez peu. La séance dure cependant très longtemps: nettoyage pileux complet de la face, égalisation de la barbe, etc. avec un massage du visage et pour finir des épaules avec traction des épaules et des bras, ce qui va bien sur mon demi-torticolis.
Je mange un morceau au restaurant Malkoç, près du 4 Seasons, dans Cankurtaran et descend vers la mer pour vérifier si la Petite Sainte-Sophie est toujours en travaux. Hélas elle l'est - mais je voulais aussi revisiter la petite mosquée soeur de Rüstem Pasha, qui est un peu plus haut. Sinan l'a construite en 1572, soit 11 ans après Rüstem Pasha, sur un bout de colline aussi mais plus calme et plus retiré. Sokollu Mehmet Pasha était le fils d'un prêtre bosnaique (me dit le petit guide acheté tout à l'heure), premier ministre lui aussi, non seulement de Soliman mais aussi de son fils Selim II et de Murat III, gendre du second. Je me suis fait ouvrir la mosquée par un homme en barbe blanche et je n'ai pas osé demandé à prendre des photographies parce que je sais depuis ma première visite, il y a deux ans, qu'elles sont interdites (mais l'on peut acheter de très bonnes photographies argentiques).

J'arrête là: je vais devoir commander un taxi pour l'aéroport où je dois être 3 heures avant mon vol.

Mercredi 17, 8 heures

mardi, mai 16, 2006

Sultan Ahmet - Cankurtaran, photos

Istanbul (Sultan Ahmet - Cankurtaran)

Cette mission, si j'avais pu l'annuler d'un claquement de doigts, je l'aurais fait. Pas du tout envie de partir, pas le moment, trop de choses à faire chez moi et au boulot, etc.. Et puis malgré tout, malgré ma mauvaise volonté, lorsque j'aperçois les minarets de Sultan Ahmet (le minibus de l'hôtel remonte du bord de mer par le quartier touristique où je m'étais logé la dernière fois et que je n'ai plus que frôlé depuis), j'ai un mouvement de bonheur. Dès que j'ai déposé mes affaires, je ressors me promener pour fumer dehors ma première cigarette d'après vol. Je traverse les jardins entre Sultan Ahmet (la mosquée bleue) et Sainte-Sophie. La nuit n'est pas froide. Il y a pas mal de touristes déjà, qui prennent des photos en coinçant leur appareil contre un poteau ou en le posant sur un muret. Il en reste pour prendre des photos de la mosquée au flash mais avec le numérique ils se font rares. Les mouettes volent comme de lentes étincelles au-dessus de la mosquée bleue.
Je traverse ce quartier (Cankurtaran) aux allures étrangement exotiques de Canada ou de Hollande, où les hôtels, café et restaurants alternent avec les marchands de tapis (grands tapis somptueux) et les épiceries dépanneurs. Je fais des photos aussi, avec mon téléphone. Pas beaucoup... je teste la fonction nuit. Et je retrouve le restaurant kurde où je soupais plresque tous les soirs lors de mon premier passage, il y a deux ans.

Mardi 16 mai 2006, dans l'avion Nice-Istanbul, 17:30

L'extérieur est ensoleillé/brumeux/nuageux. Pas de quoi faire des photos. De toutes façons ce voyage-là ne sera pas un voyage photos. Beaucoup de Thaïlandais dans l'avion qui n'est qu'au 2/3 plein.
Clip de prompotion de la municipalité d'Istanbul: toutes sortes de responsables religieux font un geste d'invite au visiteur à entrer dans leur bâtiment de culte. Le mufti est le dernier. Actualités: premier titre: conflit entre le gouvernement et le président à propos de la réforme de la sécurité sociale (le pdt a émis un véto); 2e titre: à l'occasion de l'anniversaire d'Atatürk discours d'Erdogan sur le sécularisme (qui doit garantir la liberté religieuse - mais ne doit pas être utilisé comme prétexte de conflit à l'intérieur de la communauté nationale).
Je vais essayer w.bloggar.

Arrivons sur la côte croate. Le paysage d'îles et de golfes parallèles à la côte est extraordinaire mais l'air reste brumeux, pas de bonne photo possible, donc. Survolons des vallées, des forêts, un ville pas très grandes mais avec ce qui vu d'ici paraît des grands ensembles géométriques d'immeubles d'habitation. Faudra que je repère où nous passons exactement.