(31.10.2004) Parfois les choses s'arrangent d'elles-mêmes comme dans un
rêve. Ceux qui suivent ce blogue se souviennent des posts (
ici et sur le
butinage) sur l'archéologue vénitien et ses trouvailles en Margiane. Quelle ne fut pas ma surprise, à Ashgabat, de voir exposé dans les bibliothèques (celle de Magtymguly, où nous travaillons, celle de l'Université Turkmen-Turk) et à la librairie près de l'Université où j'avais acheté le Ruhnama l'année dernière (et sous laquelle, depuis avril, nous déjeunons), presque à l'égal du second tome du Ruhnama, sorti cette année, un gros livre bordeaux intitulé
Margush, de l'archéologue russe Wiktor Sarianidi. (
précisions)
J'ai acheté le livre dès que j'en ai eu l'occasion et en en parcourant les pages liminaires j'ai mieux compris le statut de ce livre dans la politique de communication du pouvoir turkmène: page 11 est reproduit le contenu d'un décret du président attribuant le Prix International Magtymguly pour 2002:
"I resolve to award (...) professor Sarianidi Victor Ivanovich the Makhtumkuli International Prize for his outstanding contribution to the study of history of Turkmenistan, impressive archaelogical discoveries (...) wich have irrefutably demonstrated that the ancient Turkmens were the bearers of the developped written language, and the Turkmen land was the fifth centre of the world civilization side by side with Mesopotamia, Egypt, China and India."
(à gauche le livre de Victor Sarianidi, à droite une plaquette éditée par G. Hanmuradow)
Cependant nous n'en avions pas fini avec l'archéologie: notre coordinateur, l'archéologue Gurtnyaz Hanmuradov, ne fut pas souvent à l'université. C'est que, en même temps que les célébrations préliminaires à la fête anniversaire de l'indépendance du pays, se tenait une conférence archéologique internationale:
Turkmenistan: Motherland of Annau Culture and White Wheat, à laquelle assistaient, entre autres Victor Sarianidi et Gabriele Rossi-Osmida, l'archéologue vénitien.
Dans l'
article de News Central Asia consacré à la conférence, le prof. Hiebert, de l'U. de Pennsylvanie, résume assez bien l'importance des découvertes archéologiques de Margiane:
"dès l'âge du bronze, en même temps que la Mésopotamie avait des villes, en même temps qu'il y avait des villes dans la vallée de l'Indus, Harappa, il y avait aussi des villes au Turkménistan. (...)
Quant à l'écriture nous ne sommes pas sûr. Nous pensons que probablement, parce que leurs voisins possédaient l'écriture, ils devaient avoir une forme de symbolisation, une connaissance de l'écriture, mais nous n'avons pas de preuve pour l'instant."

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